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Pas d'argent pour la formation ? Les portes que le FNE, les communes et les projets publics peuvent ouvrir

Publié le · Financement de la formation

Co-signé par NGAN Pulchérie Bardo, institutrice expérimentée, coach certifiée et enseignante certifiée en Programmation Neurolinguistique (+237 650 90 80 23) et MATIP KENDEG Charles Lwanga, expert en politiques publiques, enseignant expérimenté, coach certifié et enseignant certifié en Programmation Neurolinguistique (+237 699 08 68 52), avec l'équipe des Centres de formation professionnelle du Cameroun.

Au marché Mokolo, un samedi matin, une mère tient son fils de dix-neuf ans par le bras devant un étal de pièces détachées. Le garçon a échoué au probatoire, il répare déjà les motos du quartier et voudrait apprendre la mécanique « pour de vrai ». Elle soupire : « La formation, mon fils, c'est l'argent. Où veux-tu que je le trouve ? » Combien de parents prononcent cette phrase chaque année ? Elle est souvent juste. Elle n'est pas toujours vraie jusqu'au bout.

Car il existe des portes que beaucoup de familles ne poussent jamais, faute de savoir qu'elles existent. Elles ne s'ouvrent pas pour tout le monde. Parlons-en franchement.

Le FNE, ce guichet qu'on oublie

Le Fonds national de l'Emploi (FNE) n'est pas seulement l'endroit où l'on dépose un CV. Il finance aussi la formation de jeunes « sans métier », avec ou sans diplôme, en s'appuyant sur des centres de formation professionnelle partenaires. Cameroon Tribune le rappelait déjà en 2018, en présentant au passage le PADER, son programme pour les jeunes ruraux, qui revendiquait alors 65 463 jeunes installés.

Aujourd'hui, ces aides prennent souvent la forme de bourses ciblées sur un métier. À Garoua, en juillet 2026, le FNE et la Délégation régionale de l'Emploi et de la Formation professionnelle du Nord ont lancé la deuxième cohorte de boursiers en énergies renouvelables, surtout le solaire photovoltaïque, à l'institut de formation professionnelle « Les Ingénieurs du Sahel ». Douze jeunes ont été retenus après dossier et tests, alors que le FNE dit avoir reçu des dizaines de candidatures. Douze. Retenez ce chiffre : il dit à la fois que la porte existe et qu'elle est étroite.

À Douala, c'est une entreprise qui a tenu l'autre battant. En septembre 2025, à Bonabéri, le FNE et CFAO Mobility Cameroon ont lancé des bourses d'apprentissage d'un an en mécanique, tôlerie et peinture automobile, cofinancées par le public et le privé, pour 21 jeunes chercheurs d'emploi. Selon Cameroon Tribune, le FNE affirmait avoir mis 1 179 personnes en formation dans le Littoral depuis janvier 2025, tous programmes confondus. Parmi les apprentis de Bonabéri se trouvaient des jeunes titulaires d'un DQP ou d'un BTS qui avaient mis leurs études entre parenthèses.

Premier geste : s'inscrire comme chercheur d'emploi au FNE, en agence ou sur sa plateforme en ligne. En février 2025, sa direction générale invitait publiquement les demandeurs d'emploi à s'enregistrer et à passer un bilan professionnel pour être orientés vers un métier adapté. Le nouveau programme d'insertion lancé en février 2026 en fait d'ailleurs une condition ; il veut faciliter l'accès à un premier emploi pour 5 000 jeunes diplômés par an. Mais soyons honnêtes : il exige au minimum un BAC+2, d'avoir entre 18 et 35 ans et d'être sans emploi. Il ne concerne donc pas le garçon de Mokolo.

Quand la mairie et les grands projets s'en mêlent

Deuxième porte, plus proche de chez vous : la commune. Pour l'année 2026-2027, la commune d'arrondissement de Yaoundé 3 a lancé un appel à candidatures pour des bourses de formation professionnelle dans seize filières, de l'auxiliaire de pharmacie au montage audiovisuel, pour douze mois de formation. Un mot compte ici plus que les autres : bourses partielles. La commune paie une partie, la famille le reste. Chaque filière exigeait un niveau d'entrée précis, le dossier se déposait au courrier de la mairie et la date limite était fixée au 15 août 2026. Ce délai est passé, mais la leçon demeure : ce genre d'annonce se lit à la mairie, et celui qui n'y passe jamais la rate.

Troisième porte, plus large : les projets publics menés avec des partenaires extérieurs. Le PADESCE, Projet d'appui au développement de l'enseignement secondaire et des compétences pour la croissance et l'emploi, présenté en 2023 avec la Banque mondiale comme principal financier, a annoncé en juin 2026 l'ouverture de 1 000 bourses de formation entièrement prises en charge, dans des centres de formation professionnelle privés. Les métiers visés : bâtiment et travaux publics, numérique, agro-industrie, énergies renouvelables, soudure, conduite d'engins lourds. Selon la filière, il fallait avoir de 15 à 35 ans (numérique, soudure) ou de 18 à 40 ans (engins lourds). Les candidatures se faisaient uniquement en ligne, et le projet prévenait que tout dossier envoyé autrement serait irrecevable.

Mille bourses pour tout un pays, c'est peu. Prenez au moins l'habitude de lire les communiqués officiels, de vérifier l'adresse d'une plateforme auprès de la délégation départementale de l'emploi et de la formation professionnelle, et de ne jamais verser d'argent à un « intermédiaire » qui promet une place dans un programme annoncé comme gratuit.

Ce que les bourses ne feront pas à votre place

Soyons lucides : ces dispositifs sont sélectifs et leurs places comptées. Ils ne remplacent ni l'épargne patiente, ni l'apprentissage chez un maître artisan, ni la discussion franche avec un centre sur l'étalement des frais. Mais ils changent la question : après « avons-nous l'argent ? » vient « avons-nous vraiment cherché ? ».

Passer de « on n'a pas l'argent » à un projet qu'on peut défendre

Parlons maintenant aux jeunes candidats et à ceux qui les accompagnent, parents comme conseillers d'orientation. En Programmation neuro-linguistique, on travaille beaucoup ce qu'on appelle un « objectif bien formulé ». Un objectif vague, « je veux une bourse », laisse sans prise. Un objectif énoncé en positif, qui dépend de soi, situé dans le temps et accompagné de signes concrets de progrès, met en mouvement. Avec un jeune, on peut faire l'exercice à voix haute, une feuille sur la table. Que veux-tu exactement ? « Être formé en solaire d'ici un an. » Qu'est-ce qui dépend de toi ? « M'inscrire au FNE cette semaine, réunir mes pièces, préparer les tests. » Comment sauras-tu que tu avances ? « Quand j'aurai ma preuve d'inscription et un dossier complet. » Quelles ressources as-tu déjà ? « J'aide mon oncle à poser des panneaux depuis deux ans. » Et si cette bourse-là ne vient pas, quel autre chemin garde le même but ?

Le second outil, le recadrage, parle surtout aux parents. Il consiste à regarder la même situation sous un autre angle, sans nier la réalité. « Nous n'avons pas d'argent » reste vrai, mais « nous n'avons pas encore frappé à toutes les portes » ouvre une suite. Ce ne sont pas des formules magiques et rien ne garantit la bourse au bout. Ce sont des outils de coaching et de communication, qui complètent le travail des conseillers d'orientation et des formateurs. Leur force est modeste et réelle : aider un jeune à arriver devant un jury avec un projet clair, et un parent à passer du découragement à un plan.

Une matinée pour commencer

Alors, à la mère du marché Mokolo, nous dirions ceci : avant de dire non, prenez une matinée. Allez avec votre fils à l'agence du FNE la plus proche, passez à la mairie lire les annonces, demandez à la délégation de l'emploi quels appels sont ouverts. Peut-être qu'aucune porte ne s'ouvrira cette année. Mais vous aurez cessé de les croire toutes fermées, et votre fils aura déjà appris la première compétence de tout métier : chercher.

Sources.

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